Les dix questions les plus fréquentes sur les coyotes

En réponse aux questions de plusieurs personnes concernant la présence de coyotes à Montréal, la SPCA de Montréal souhaite partager quelques informations pratiques afin que la coexistence entre humains et animaux sauvages soit sécuritaire, et aussi mieux comprise. Parmi toutes les questions que nous recevons à ce sujet, une dizaine reviennent très souvent. Pour y répondre, nous avons fait appel à l’expertise d’Adrian Nelson, directeur de la gestion des conflits avec la faune à l’Association for the Protection of Fur-Bearing Animals (The Fur-Bearers).

1. Pourquoi ne pas simplement éliminer les coyotes de la ville?

Éliminer une espèce de la faune n’est jamais, à long terme, une bonne solution. Les coyotes sont ici pour une raison, que ce soit pour trouver de la nourriture, un abri, etc. Les tuer ou les relocaliser ne fait que créer temporairement un vide qui sera rapidement comblé par d’autres coyotes. Plusieurs ont démontré qu’une population de coyotes qui fait face à des pressions externes, comme le piégeage et la chasse, engendre souvent des portées plus nombreuses pour compenser, ce qui se traduit par plus de coyotes dans la région qu’auparavant.

2. La relocalisation des coyotes est-elle cruelle?

Relocaliser un coyote est très souvent synonyme de condamnation à mort pour lui. Les coyotes sont très territoriaux, et lorsqu’ils sont déplacés, ils font tout pour revenir à leur lieu d’origine; ce faisant, ils risquent d’être tués par des voitures. De plus, dans leur nouveau territoire, ils se retrouvent artificiellement en compétition pour l’espace et la nourriture avec d’autres animaux, ce qui cause la famine et la mort. Enfin, piéger et relocaliser des coyotes qui ont récemment eu une portée signifient que leurs petits mourront de faim.

3. Les coyotes constituent-ils un danger pour notre communauté, notamment pour les enfants et les petits animaux domestiques?

Les humains se font très rarement mordre par des coyotes. Si cela arrive, c’est que l’animal a été apprivoisé par quelqu’un et qu’il s’attend à recevoir de la nourriture de sa part.

Les coyotes ont naturellement peur des humains; grâce à des techniques de dissuasion visant à maintenir cette crainte, les interactions avec eux restent très rares. La ville de Vancouver, en Colombie-Britannique, a d’ailleurs mis en place, dans certaines écoles et camps d’été, un programme de cohabitation qui enseigne aux jeunes enfants comment faire peur aux coyotes afin que ces derniers restent à distance.

Les coyotes peuvent évidemment voir les petits animaux comme une source de nourriture, ce qui est normal considérant leur régime alimentaire. Cela dit, une étude menée à Calgary, en Alberta, a démontré que le régime alimentaire des coyotes urbains était très semblable à celui de leurs homologues des milieux ruraux. De fait, les animaux domestiques représenteraient moins de 1,5 % de leur alimentation.

4. Les coyotes chassent-ils les gens ?

Un coyote ne verra jamais un adulte ou un enfant comme une proie potentielle, considérant que son repas habituel se résume à une souris ou une pommette tombée d’un arbre. Cependant, comme tous les membres de la famille des canidés, incluant les chiens domestiques, ils chassent tout ce qui se sauve d’eux en courant. C’est pourquoi il est important de ne jamais partir à courir devant un coyote. Restez sur place, agitez vos bras dans les airs, faites du bruit ou jetez des objets vers l’animal, sans le frapper, afin de l’effrayer et de l’inciter à partir.

5. Est-ce que d’autres villes comptent des coyotes sur leur territoire ? Comment cela se passe-t-il ?

Vancouver a mis en place d’excellents programmes pour faciliter la cohabitation entre les humains et les coyotes. Ces diverses stratégies portent fruit depuis des décennies. Les plus récentes études de population révèlent qu’environ 3 000 coyotes vivent dans la région métropolitaine de Vancouver. Or, malgré une population aussi importante d’humains et de coyotes, très peu de conflits ont été recensés. Ces programmes reposent essentiellement sur l’éducation du public et portent sur les points suivants :

  • Comment gérer son environnement afin de le rendre inintéressant pour les coyotes.
  • Comment agir lorsqu’on voit un coyote.
  • Comment dissuader un coyote de s’approcher (un processus de conditionnement visant à maintenir la peur des coyotes envers les humains).

6. Les coyotes sont-ils utiles à la biodiversité et à l’écosystème ?

Près de 85 % du régime alimentaire des coyotes est constitué de petits mammifères, comme les souris, les rats et autres rongeurs. Les coyotes représentent donc un moyen naturel, efficace et gratuit de contrôler les populations de rongeurs dans nos villes. Une faune saine et diversifiée est un signe de la bonne santé de l’écosystème qui nous entoure.

7. Comment Montréal devrait-elle gérer la faune urbaine, en particulier les coyotes ?

La Ville de Montréal et les communautés locales devraient investir dans des campagnes d’éducation afin de rassurer ses citoyens et citoyennes. Considérant que la relocalisation des coyotes hors de la ville n’est pas la solution et que leur présence a un impact positif sur la biodiversité et l’écosystème, nous devrions tout simplement apprendre à cohabiter pacifiquement avec eux. D’autres communautés l’ont fait, pourquoi pas Montréal ?

8. Comment éviter les conflits avec les coyotes ?

  • Placez les ordures dans des contenants sécuritaires munis de couvercles hermétiques.
  • Conservez les poubelles à l’intérieur jusqu’au jour de la collecte des déchets.
  • Utilisez des bacs à compostage étanches.
  • Installez une clôture autour de votre jardin ou cultivez vos légumes dans une serre.
  • Ramassez les fruits ou les baies tombés des arbres ou des buissons dans votre jardin.
  • Clôturez votre terrain pour le rendre moins accessible.
  • Bouchez les espaces vides sous la véranda, la terrasse et la remise.
  • Ne laissez pas votre animal de compagnie à l’extérieur sans surveillance.
  • Apprenez à vos enfants à respecter la faune et à garder leurs distances.

9. Que faire face à un coyote ?

  • Ne l’approchez pas ou n’essayez pas de le toucher.
  • Ne lui donnez pas de nourriture ou ne tentez pas de l’apprivoiser.
  • Ne lui tournez pas le dos et ne fuyez pas en courant.
  • Faites-vous aussi grand que possible, agitez les bras, faites beaucoup de bruit et criez.
  • Ne laissez pas votre chien le chasser afin d’éviter des blessures aux deux animaux.
  • Jetez des objets dans sa direction (sans chercher à le frapper).

 

10. Où puis-je en apprendre davantage sur les coyotes et les autres animaux de la faune ?

 

 


 

adrian-nelson-bioAdrian Nelson

Passionné de plein air, Adrian aime faire du camping et de la randonnée ainsi qu’explorer la côte de la Colombie-Britannique. En plus d’être directeur des communications à The Fur-Bearers, Adrian est aussi le gestionnaire des conflits avec la faune. Les connaissances et l’expertise de première main d’Adrian dans le domaine de la faune ont grandement contribué à façonner le programme Living With Wildlife de l’organisation. Il continue d’utiliser son savoir-faire pour aider les municipalités et les propriétaires terriens du pays à mettre en œuvre des techniques de gestion de la faune non létales.

 

À propos de The Fur-Bearers

Fondée en 1953, The Association for the Protection of Fur-Bearing Animals (The Fur-Bearers) travaille à mettre fin au commerce de la fourrure et favorise la cohabitation avec la faune. « Pour protéger les animaux à fourrure dans leur milieu naturel et en captivité par la conservation, la sensibilisation, la recherche et l’éducation. » thefurbearers.com