Une recrue bien spéciale à la SPCA de Montréal

Si on était chez Mc Do, ce serait l’employé du mois. Toujours de bonne humeur, il adore les réunions et a réussi, en quelques semaines seulement, à se faire aimer de tous ses collègues. Son seul défaut : il parle un peu fort (et a même tendance à crier). Tommy est une recrue bien spéciale à la SPCA de Montréal : c’est un coq.

Il n’avait que deux semaines lorsqu’il est arrivé chez nous en décembre dernier. Il venait d’être trouvé dans la rue, “errant”. On a d’abord cru que cette petite boule de plume était un bébé dindon mais on s’est vite ravisé. Les dindons n’ont pas de crête. Dans les semaines qui ont suivi, Tommy a grandi, a appris à faire cocorico (en faussant) et a pris sa place dans l’organisation. Une employée qui habite à la campagne l’a pris en famille d’accueil mais c’était trop tard. Tout le monde s’était attaché à lui. Il avait sa place dans les activités quotidiennes de la SPCA. Il passe donc ses avant-midis libre dans la salle d’adoption chats pendant qu’on y fait le ménage (inutile de dire que sa présence est fascinante pour les félins) et ses après-midis dans mon bureau. Le week-end, il prend l’air à la campagne.

On l’a vu dans les grands médias et sur d’innombrable stories Instagram. Tommy fascine. Chaque année, c’est près de 190 000 000 coqs et poules qui sont élevés pour leur chair au Québec en plus des 4 000 000 de poules pondeuses et tous leurs petits frères, les poussins mâles broyés à la naissance parce qu’ils sont inutiles. Si on est toutes et tous familiers avec les poitrines de poulet enveloppées sous cellophanes, rares sont celles et ceux qui ont eu la chance de faire connaissance avec un vrai coq.

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Tommy est spécial. C’est un Bantham nain. Contrairement à ses cousins de taille régulière, il tient dans une main. Et puisqu’il a grandi avec des humains, il est particulièrement sociable. Il se frotte contre nos mains pour être flatté, hurle lorsqu’on le laisse seul, aime être au milieu de la table pendant les réunions et fait des parades nuptiales aux filles du bureau. Mais surtout, toutes celles et ceux qui le rencontrent réalisent en quelques instants que Tommy est quelqu’un. Avec sa personnalité propre, ses préférences, ses habitudes. Comme les chats, les chiens et les autres animaux qu’on considère comme “de compagnie”.

À la SPCA de Montréal, tous les animaux sont traités sur un pied d’égalité. Et on se bat quotidiennement pour qu’il en soit de même partout au Québec.

 


 

bio_tommy_eliseÉlise Desaulniers

Élise Desaulniers est la Directrice générale de la SPCA de Montréal, une chercheuse indépendante, ainsi qu’une militante pour les droits des animaux. Elle est notamment une des instigatrices du manifeste Les animaux ne sont pas des choses qui a mené à une réforme du Code civil du Québec reconnaissant explicitement les animaux comme des êtres sensibles. Elle a aussi publié trois essais sur les questions éthiques liées à l’alimentation traduits en anglais, italien et espagnol et est souvent invitée à prononcer des conférences sur la question.